I

I
Mon nom est Annabelle Elizabeth Marie de Fervaques.
Je suis née à Paris en
1636.

Mon père,
Louis Georges Clément de Fervaques, grand homme du monde, a épousé ma mère, Anne Lise Prudence de La Marne en 1629.

En
1639 naît ma soeur, Catherine Dianne Angela de Fervaques.
Puis,
Helena Clémence Sophie de Fervaques, en 1644.



J'ai aujourd'hui 16 ans, en 1652 ...

Je vis aisément dans un château qui appartenait à mes ancêtres il y a de cela des années... J'ai passé quatre ans dans un couvent où j'y ai appris la religion, le respect, comment devait se tenir une femme et où était sa place. Mon père organise souvent des fêtes, des bals parés, masqués... Je passe beaucoup de temps avec ma mère, a broder, discuter... Elle me fait faire des robes somptueuses et m'habille comme une princesse. Je suis l'aînée et mes parents comptent beaucoup sur moi.
J'aime me promener dans les jardins, aller à l'opéra ou voir des pièces de théâtre, recevoir du beau monde mais me retrouver
seule quelques fois, afin de rassembler mes idées, et de rêver à quelque autre vie qui m'attend...
Je lis beaucoup de romans, avec des fins heureuses, des dragons et créatures enchanteresses... Je me cac
he pour les lire car il n'est pas permis, à une jeune fille de mon âge de lire "pareilles absurdités"...




Je vais raconter ma vie, mes peurs, mes joies, mes espoirs, mes peines, et mes souvenirs...




# Posted on Friday, 03 August 2007 at 5:39 AM

Edited on Friday, 03 August 2007 at 3:27 PM

II

II


La lumière du soleil jaillit dans mes yeux qui viennent de s'ouvrir...
Madeleine, ma femme de chambre vient d'écarter les rideaux épais de ma fenêtre... Je suis éblouie et je n'ai aucune envie de me lever.

Madeleine : Debout Mademoiselle !

Je me redresse lentement. Je voudrai rester dans ces draps doux et confortables... Je me lève, et me dirige vers ma coiffeuse. Je passe de l'eau sur mon visage et passe derrière le paravent en soie rouge et doré. Maintenant, ma chambre est envahit pas plusieurs femmes q
ui s'affairent autour de moi. On a ouvert la fenêtre. J'ai froid. On m'enfile ma robe, Madeleine me ferme mon corset ; ça y est, je ne respire plus ! Et cela durant toute une journée entière ! Je me coiffe et rajoute une chaîne fine en argent autour de mon coup. C'est sans doute cela qu'on appelle la coquetterie...

Madeleine : J'espère que vous n'avez pas oublié que votre père donne une réception ce soir.

Je venais justement de me le rappeler. Tout le monde serait invité. Cette nouvelle me redonna le sourire.

Annabelle : Ma robe de ce soir est-elle prête?

Une servante : Oui, Mademoiselle.

Annabelle : Qu'on ai soin de m'avertir dès que le marquis de Conti sera ici.

La servante : Bien, Mademoiselle.

Le marquis de Conti est l'homme le plus admirable du monde pour mon père. Il est charmant, en effet, mais je ne veux nullement lui offrir mon coeur. Il faudra bien m'y soumettre car mon père a le dessein de me le donner pour mari. Je fais comme si cela n'était pas et m'applique a séduire d'autre jeunes gens afin d'éviter cet hymen...

Peut être Dieu aura-t-il pitié de moi...





# Posted on Friday, 03 August 2007 at 9:50 AM

Edited on Friday, 03 August 2007 at 3:33 PM

III

III
Il est 14h30.
Après le déjeuner, je choisi de me promener dans les jardins car le soleil est éclatant.

Annabelle : Elisa, mes gants et mon chapeau.

Elisa (en courant) : Les voilà Mademoiselle. Madame votre mère vous averti qu'elle veut vous voir prête vers dix-neuf heures.

Annabelle : Bien.

Je me trouve maintenant entourée de magnifiques arbres qui sont pour la plupart centenaires.
Je suis seule et pense en silence. Je me mets à chanter doucement, comme les oiseaux au-dessus de ma tête. Quel bonheur
de sentir cette fraîcheur, d'être illuminée de soleil... Ma robe de taffetas se froisse et « crisse » à mesure que j'avance...

Soudain, je vois arriver au loin Myriam de Latour, ma meilleure amie depuis mon enfance...Elle me rejoint et m'adresse un beau
sourire.

Myriam : Ma chère, vous êtes radieuse !

Annabelle : Pas autant que vous, mon amie.

Myriam : J'ai entendue dire qu'il y avait une réception ici et votre mère m'a gentiment invité. Il y aura sans doute le beau compte de Charny et Monsieur de Breaucourt. Il me semble que nous allons bien nous amuser ! dit – elle avec enthousiasme.


Je sourirai. Myriam aimait les hommes et la séduction.
Bien qu'elle fût aussi sortie d'un couvent, elle n'eu jamais oublié sa vraie nature. Extravertie et dominatrice, elle jouait un rôle bien au-dessus de ses forces. Elle cachait une jeune femme fragile, ayant des rêves et de l'espoir. Elle avait beaucoup de qualités. Elle resplendissait toujours, avec ses cheveux blonds et bouclés, ses yeux vert émeraude et sa gracieuse silhouette. Je l'enviai quelque fois. Mais nos c½urs étaient liés et nous étions de véritables amies. Elle m'écoutait et me faisait rire. Je l'aimais pour ce qu'elle était.


Nous discutâmes beaucoup, de la toi
lette que chacune porterait, de la musique jouée, des personnes conviées pendant trois heures et nous nous excitions comme des enfants. Nous avions pris le thé et les biscuits sur la terrasse. Vint l'heure pour Myriam et moi de nous habiller. On se quitta pour se retrouver tout à l'heure.


# Posted on Friday, 03 August 2007 at 10:57 AM

Edited on Wednesday, 08 August 2007 at 5:53 AM

IV

IV


Annabelle : Ne serre pas si fort !!!

Madeleine : Je n'y puis rien !

Annabelle : Bien sur que si ! Dépêche-toi ! Ma mère va arriver ! Vite, mes chaussures ! As-tu bien serré ? Elisa ! Suis-je convenable ainsi ?

Madeleine : Admirable !

Comme à chaque bal, j'avais une boule dans le ventre et le trac me prenait. Je reprochait tout à tout le monde et allait dans tous les sens. Je voulais toujours faire bonne impression.

Elisa (en entrant) : Voici Madame votre mère.

Anne : Le marquis de Conti vient d'arriver. Je lui ai dis que vous le rejoigniez dans quelques instants. Seigneur ! Vous n'êtes toujours pas prête ?

Je baissait les yeux et m'excusait de mon retard quand
entra ma s½ur Catherine, en courant.

Catherine (affolée) : Mère, savez vous où est ma broche ? Je l'ai cherché partout !

Anne : Non, demandez à Elisa de vous aidez, je suis avec Annabelle.

Ma s½ur était toujours d'un natur
el désorganisé et très très très coquet. Elle voulait faire comme les grandes et avait des goûts très particuliers que ma mère essayait de corriger. On lui avait donné un précepteur autoritaire qui avait lui-même du mal avec un caractère aussi fort. Malgré tout, elle était drôle et savait plaire à tous. Ce charme, ce « je ne sait quoi » apparaissait dès qu'elle était entourée de jeune gens.

Helena (en entrant) : Mère, puis-je aller jouer avec Charles et Clémentine ? Ils viennent d'arriver...

Anne : Etes-vous prête ? Montrez un peu que je vous regarde ... Oui, vous pouvez, mais prenez garde à ne pas vous tachez !

Helena n'avait pas entendue le reste et dévalait déjà les escaliers de marbres.

Je pris le même che
min qu'elle avec ma mère. En descendant les escaliers, j'aperçus le marquis de Conti qui me pris la main et la baisa. Je le salua fort respectueusement. Myriam vint à moi en compagnie de deux jeunes hommes forts bien faits et très aimables. Cela ne me surpris guère de sa personne.
La musique commença, et l'un d'eux me pris par la main pour danser. J'étais heureuse de faire voir ma belle robe couleur blan
c cassé et doré... Je me sentais belle et tournait aussi vite que je le pouvais !
Plus tard, je rencontrai diverses personnalités intér
essantes.
Catherine regardait les jeunes hommes de loin avec ses amies. Helena était dehors avec deux autres enfants qui mangeaient du gâteau.
Je m'amusait comme une folle et ne voulais pas que cela s'arrête.

Myriam : Le marquis de Conti ne te quitte pas des yeux...

Annabelle : Cesse de le regarder ainsi !

Myriam : Il vient vers nous ! ...

Annabelle : Fais semblant de rien .

Le Marquis : Puis-je vous parler un moment ?

Mon sang ne fit qu'un tour. Il me tendit son bras. Je le suivis dans le jardin.



Qu'allait –il se passer ???



# Posted on Friday, 03 August 2007 at 12:06 PM

V

V


Nous nous dirigions au bord de la fontaine. Il faisait frais et la lune brillait dans ce ciel noir. Les étoiles scintillaient presque autant que les diamants des dames du bal...
Le Marquis de Conti me fit asseoir sur un banc. Nous regardions pendant un moment interminable l'eau qui s'écoulait en de vifs jets et faisaient des remous.
Le marquis prit enfin la
parole.

Le Marquis : La nuit est belle...

Annabelle : Fort belle...

Le Marquis : Presque aussi belle que vous, Annabelle.

Annabelle : Vous me flatter, Monsieur.

Le Marquis : ... J'ai... demandé votre main à votre père... il y a trois jours... Il a prit la nouvelle fort aisément mais m'a demandé d'attendre le bon moment pour vous en parler, car vous venez de quitter le couvent St Augustin et je sais que la vie est tout autrement... et...Il va sans dire que je ne vous brusquerai nullement et que... Je vous aime, Annabelle. Je vous ouvre mon c½ur le plus sincèrement qu'il soit et j'éspère que vous accepterez ma demande, peut être un peu rapide...

Annabelle : ... Je... Je ne sais que dire, Monsieur... C'est si...

Le Marquis : Je comprends... je vous demande de prendre votre temps mais je ne pouvais vous cacher mon amour plus longtemps...

Il s'approcha très près de moi, je ne le quittai pas des yeux. Puis, je trouva la force pour me lever et me dirigea vers la fontaine. Il fut surpris et légèrement déçu. Il me rejoignit tandis que je lui tournais le dos...

Le Marquis : Mademoiselle, je...

Arriva en courant Helena, et ses deux amis
Charles et Clémentine. Helena s'accrochât à ma robe en riant. Elle me dit :

Helena : Viens, notre père t'appelle... Il se demande où tu es... Les musiciens sont encore meilleurs que ceux de la semaine dernière !

Je fis signe au Marquis de me suivre et nous rejoignons la fête.

Tout s
e passa admirablement bien après cela. Je m'efforçai a ne plus penser à la demande du Marquis et me fis invité par de nombreux hommes... Myriam, Catherine et moi dansions de plus belle ! C'était magique !

Quand fut v
enu le moment de partir, chacun se fit raccompagné. Un nombre incalculable de voitures se pressaient devant la porte et les cochers s'affairaient. Les rires envahissaient la cour, l'alcool aussi...
Lorsqu'il n'y eu plus personne, je remontait doucement les escaliers en laissant derrière moi tous les domestiques ramassant les verres cassés et replaçant les meubles...
Je me déshabillai lentement en soufflant...



J'étais fatiguée, mais ma pensée pour le Marquis m'empêcha tout de même de dormir...




# Posted on Friday, 03 August 2007 at 3:19 PM

Edited on Friday, 03 August 2007 at 3:31 PM